Vote à Paris: La trottinette électrique personnelle en danger aussi ?

Les parisiens sont appelés à voter le 2 avril pour décider si oui ou non les trottinettes en libre-service partagé peuvent continuer d'exister dans les rues de la capitale. Le vote concerne le renouvellement des contrats des opérateurs de freefloating, mais cela peut être une porte ouverte pour plus de restriction sur la trottinette électrique en général. Vous trouvez que le bridage à 25 km/h et l'interdiction hors agglomération sont des non sens? Rappelons-nous, qu'en 2019, c'est bien la pression sur le libre service qui a failli nous imposer le 20 km/h et a précipité la réglementation avec les limites qu'on lui connait après dix ans de laisser-faire.

Un OUI pèserait à l'inverse pour asseoir sa légitimité en tant que moyen de transport et prouverait que les wheeler/electrotteur sont capables de se mobiliser pour défendre notre mobilité.

Après plus de 4 ans de présence des Trottinettes électriques en libre-service à Paris, les habitants seront appelés à voter en avril pour décider si oui ou non ce mode de déplacement partagé controversé pourra continuer d'exister.

C'est ce qu'a annoncé Anne Hidalgo, maire de Paris, dans une interview au journal Le Parisien. Après examen des dossiers de renouvellement par ses services elle lance la tenue d'un référendum. Mais elle ne se contente pas de le faire, elle se prononce et mène campagne pour l'abandon du système. Elle a déclaré qu'elle était favorable à une interdiction et se cache derrière la décision des résidents.

Le résultat du scrutin sera étroitement surveillé en dehors de la capitale française. Paris est l'un des principaux marchés pour ce type de services. C'est d'ailleurs Paris qui la première a cherché à établir des règles et à pousser le gouvernement à accélérer la mise en place d'une réglementation sur l'usage des trottinettes électriques. 
Les services de location de micromobilité en libre service, apparus il y a plusieurs années, se proposaient comme une solution de déplacement plus écologique pour les villes polluées comme Paris. Un moyen de compléter les dispositifs mis en place par Madame Hidalgo pour diminuer les émissions de carbone, et réduire la part des déplacements en voiture au centre-ville.

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La trottinette en libre-service Une histoire d'amour et de haine

 En juin 2018, Lime fut la première à proposer des trottinettes électriques en partage dans les rues de Paris. À l’époque, la France n’avait pas de règles relatives à ce nouveau moyen de mobilité, elle avait laissé pendant des années le flou et la tolérance s'installer sans avoir le courage de statuer, attendant de voir si cela était un nouveau moyen de transport durable ou un effet de mode. La ville elle avait peu de recul si ce n'est la mise en place quelques mois plus tôt des vélos en partage sans attaches, qui eux aussi avaient été très controversés. Qui se souvient des vélos Gobee.bike vandalisés et finalement vite retirés ... 

En 2019, c'est 12 entreprises de trottinettes électrique et de vélo-partage qui se partageaient Paris. Les résidents ont commencé à vouloir se faire entendre et à se plaindre des cyclistes imprudents qui roulent sur les trottoirs et de l’horreur des trottinettes amoncelées en pagaille de-ci de-là.
Plus tard cette année-là, Paris a commencé à contraindre les opérateurs en imposant une limite de vitesses. Il a également limité à seulement trois partenaires une licence de 3 ans. Les gagnants Lime, Dott, et Tier se sont depuis évertués à redorer l'image désastreuse du freefloating.


Les trottinettes électriques qui doivent circuler principalement sur les pistes cyclables et se garer dans des zones réservées, qui sont même limitées à 10km:h dans certaines zones géolocalisées, gagnent pourtant en popularité. Dans le même temps elles continuent d'agacer. 

La trottinette électrique en libre service divise. Malgré les efforts de la ville et des opérateurs, les plaintes ne cessent pas. Les totalement fan se confrontent aux allergiques des nouvelles mobilités tout comme les cyclistes aux automobilistes... Paris devient un grand champ de bataille des mobilités.

Trottinette en libre service

La ville continue de recevoir des rapports d'incident de trotteurs sur les trottoirs ou d'abandon dans les parcs ou encore de cadavre de trottinette dans la Seine.

David Belliard, le maire adjoint de Paris pour les transports urbains, prend position et affirme à l'AFP que l’analyse de la ville conclut que les trottinettes en libre service n’ont pas de sens du point de vue coût-bénéfice.

« Ils gênent et ils sont dangereux », dit-il

Alors pourquoi ne pas les interdire carrément ?

Les trottinettes électriques restent pourtant très populaires auprès des habitants et des visiteurs. Elles sont une alternative sympathique, économique, pratique, plus rapide et plus agréable que le métro, les taxis et moins sportive que les velib. Après les premières menaces en septembre 2022, les trois opérateurs continuent de proposer des solutions, de nouvelles règles... certains ont même tendu la main aux clients, leur demandant de contacter la ville pour montrer leur soutien...

Mais ces efforts n’ont pas réussi à convaincre pleinement les fonctionnaires municipaux. Au lieu de cela, Hidalgo appelle les parisiens à voter le 2 avril sur la question suivante : « Continuons-nous ou ne continuons-nous pas avec les trottinettes électriques en location sans attache.

Et puis il y aura de la casse il ne faut pas se le cacher les trois opérateurs représentent un paquet d'emploi des investissements conséquents. Se cacher derrière le référendum est un bon moyen de ne pas en prendre la responsabilité en cas d'échec et de clôre le débat en cas de victoire.

 

Le vote des parisiens peut-il avoir un impact sur les trottinettes électriques personnelles?

 

Depuis leur mise en place, le lien entre locataires et propriétaires de trottinette électrique est toujours compliqué. On l'écrivait à l'époque  la location de trottinette électrique c'est à la fois une calamité et une opportunité. 

Le modèle économique conduit aux comportements irresponsables et aux écarts de conduite, mais dans le même temps il a permis à de nombreuses personnes de découvrir que c'était le meilleur moyen de se déplacer pour eux et de faire reconnaitre la trottinette, et les EDPM en général, comme de vrais moyens de transport et pas des jouets ou une lubie.

C'est l'avènement du libre service qui avait précipité la publication du décret sur les EDPM en 2019 en parallèle de la Loi de Mobilité. La question avait agité l'hémicycle et on était passé à un cheveu d'être limité à 20km:h par bridage.... Nos destins sont liés.

 

QUELS RISQUES D'UN VOTE NON AU TROTTINETTES EN LIBRE SERVICE?

Un vote contre le renouvellement des contrats des opérateurs créerait un précédent. La victoire du NON, pourrait encourager les réfractaires à aller plus loin et à demander plus de restrictions pour les EDPM même personnelle. 

On pourrait se voir imposer de nouvelles contraintes,  ou de nouvelles interdictions. Pourquoi pas le retour du 20 km:h ou l'immatriculation ou l'interdiction sur certaines voies....  Notre éco-système est encore fragile, les associations d'usagers sont peu puissantes, les associations de professionnels des EDPM pas encore assez forte et peu entendu. 

Depuis 3 ans on appelle et on travaille à une catégorie EDPM rapide alors que dans le même temps on en est encore à sauver les acquis d'un statut.

 

QUELS SONT LES AVANTAGES DE VOTER OUI AUX TROTTINETTES LIBRES SERVICE?

Un vote OUI, envoie le message à tous que la trottinette électrique est, et doit rester, dans le paysage français, qu'elle est utile. Que ce n'est pas un jouet, ou une mode mais un moyen de transport.

C'est aussi envoyer un message que les trotteurs/wheeler sont capables de se mobiliser pour défendre cette mobilité et pourquoi obtenir d'avantages.. comme de nouveaux droits... Celui de rouler hors agglo pourquoi pas, ou de pouvoir bénéficier du M12, etc....

 

 

Depuis toujours les utilisateurs de trottinette libre service et ceux de trottinettes personnelles sont comme chien et chat, les seconds reprochants aux premiers de ne pas respecter les engins et les règles de conduite, générant ainsi une mauvaise image des riders... mais puisqu'on est là, entre nous, les propriétaires sont certes plus respectueux et plus soucieux de la bonne santé de leur machine (encore que seulement 20% entretiennent ou font entretenir leur EDPM selon l'observatoire Mobiprox), mais sont-ils vraiment plus respectueux des règles du code de la route? Ce n'est pas sur. Qui parmis vous n'enfreint jamais le code de la route? Quand on évoque le débridage, la conduite hors agglo, le M12, le port d'écouteur... les trotteurs /wheelers personnels ne sont peut être pas tous si respectueux des règles ... ok cela résulte d'une abbération de la loi, mais factuellement c'est un non respect du code. 

Alors, on n'est pas toujours d'accord avec les pratiques du freefloating,  mais si le vote du NON l'emporte en avril et que les trottinetes en libre service doivent partir, ce sera une mauvaise nouvelle pour tous les utilisateurs.

Si vous êtes parisiens, que vous soyez wheelers ou trotteurs, je vous invite à vous mobiliser pour eux.

Nos destins sont liés d'une façon ou d'un autre.

 

 

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